L’Algérie entre vacance du pouvoir, diversions et oppression

Publié le par Mohsen Abdelmoumen

Saïd Bouteflika et son prête-nom Ali Haddad. DR.

Saïd Bouteflika et son prête-nom Ali Haddad. DR.

Jour après jour, le régime agonisant des Bouteflika montre un visage de plus en plus hideux, plongeant la gestion de l’État dans une régression vertigineuse qui touche à la liberté d’expression et qui montre à quel point ce pouvoir obsolète est ridicule et faible en incarcérant des journalistes et une directrice du ministère de la Culture en plein mois de Ramadan. Les voyous qui entourent la chaise roulante présidentielle n’ont plus aucun scrupule, fomentant des complots ici et là et créant des diversions telles que l’affaire de la ministre de l’Éducation, Nouria Benghabrit, qui s’est vu offrir une tribune dans un journal de Fafa, Le Monde, qui a sacralisé la ministre en tant que championne de la modernité. On a ainsi vu les pro et les anti-Benghabrit monter au créneau et se mobiliser, qui pour la défendre, qui pour la vilipender. Ensuite, il y a eu l’affaire El Khabar, une affaire purement commerciale, dans laquelle le clan de Saïd Bouteflika s’est activé à créer une autre diversion en repassant le même disque, à savoir qui est avec ou contre Issad Rebrab, alors que l’enjeu n’est ni plus ni moins que le massacre d’un titre à grand tirage en envoyant des journalistes au chômage, comme ce fut le cas avec d’autres journaux qui ont été fermés par les bons soins de Saïd. Vient ensuite l’affaire El Watan qui nous convainc, si nous ne le savions pas encore, de la sottise d’un roi complètement nu et de ses janissaires au bout du rouleau, osant faire encercler le siège du journal en croyant empêcher sa parution dans le but de casser ce titre francophone au lectorat important. Comment lire ces pratiques auxquelles se livre le régime de Bouteflika sinon de la manière suivante : la presse algérienne, en subissant les assauts des oligarques mafieux et des gangsters qui dirigent illégitimement l’Algérie, sont les dommages collatéraux d’une guerre de succession qui ne se produit pas seulement entre clans rivaux, mais au sein même du clan présidentiel.

La corporation de la presse est parasitée par différentes sectes peuplées de progressistes, d’islamistes, de francophones, d’arabophones qui chantent tous leur propre chanson. Les intrigues des salonnards « je-sais-tout » algérois doivent cesser. Il est impératif pour la presse de s’émanciper de la guerre des clans et du pouvoir. C’est pour cette raison que chaque fois qu’un journaliste est emprisonné, la presse se solidarise ou bien fait de la solidarité sélective selon ses orientations. On a vu naître des Anis Ramani and Co, des monstres qui font dans l’excès de zèle et qui ont inauguré une presse poubelle qui n’investigue pas, qui n’interviewe pas, et qui calomnie selon les ordres du suzerain du moment. Un travail doit être fait pour affranchir la presse et toute la société de la prison dans laquelle le règne de Bouteflika et son clan les ont mis. Quant à moi, je soutiens sans distinction tous les journalistes, tous les citoyens et toutes les voix qui n’ont pas accepté l’ordre établi et qui en sont punis. Ce pouvoir offshore a décidé de fermer 50 chaînes offshores dans lesquelles des ministres pavoisaient régulièrement. Pourquoi les avoir laissées champignonner pour les fermer ensuite ? Vous n’avez pas pu réguler le prix de la patate et de la sardine, et vous voulez réguler le secteur audiovisuel où tout le monde a goinfré ? Des chaînes de télévision ont été créées par le pouvoir pendant le printemps arabe. C’est à ce moment-là, quand le pouvoir était en état de faiblesse, que toutes les télévisions auraient du demander d’être de droit algérien, mais elles ont accepté la feuille de route du régime en restant des médias offshores. Ce même pouvoir les a utilisées dans les années 2011 et n’était intéressé par rien d’autre que de paraître garant de la liberté de la presse auprès des partenaires étrangers. Chacun sait que le régime de Bouteflika n’a jamais apporté la moindre plus value en matière de liberté d’expression ou de libertés démocratiques, et nous vivons un recul faramineux par rapport à la Constitution de 1989. À présent que la vague du printemps arabe a été surmontée et que l’utilité de ces chaînes n’a plus lieu d’être, le clan de Saïd Bouteflika frappe comme un taureau furieux sur ces médias, et n’épargne personne, que ce soient les syndicalistes, les simples citoyens, les internautes, les généraux ou les officiers de l’armée. Personne n’échappe à la dérive autoritaire du clan présidentiel. Ils veulent placer leur pion et ne peuvent le faire qu’en frappant leurs ennemis politiques en les accusant de tous les maux et en muselant toute la société.

Subterfuges et ruses sont les caractéristiques de ce régime sénile, à l’image de ceux qui sont au pouvoir. Les Tliba, Saïdani, Haddad, et autres énergumènes sont les symboles de cette période cruciale que vit l’Algérie. Ces voyous en col blanc n’ont aucun respect pour quoi que ce soit, aucun scrupule, comme on l’a vu de la part de Khelil et des pilleurs du type Ghoul, Bouchouareb et autres animaux domestiques de ce régime pourri qui n’ont jamais été inquiétés ni par la justice ni en étant encerclés chez eux, alors que ce sont eux qui devraient être cernés et emprisonnés. Mais patience, cela se fera tôt ou tard. Ce n’est pas avec des mini remaniements et des liftings répétitifs du gouvernement que le régime gangrené va s’en sortir. Bien au contraire, il s’enfonce et les signes d’un règlement par un soulèvement populaire sont venus d’Annaba il y a quelques jours. On n’a pas arrêté de placer chacun devant ses responsabilités et notamment l’ANP pour qu’elle bloque le processus meurtrier que vit l’Algérie sous la direction de Saïd Bouteflika et des gangsters qui l’entourent, de dire que l’armée doit être l’arbitre d’une nouvelle période de transition qui mènera l’Algérie à une deuxième République, ce qui se fera de gré ou de force. À Saïd, je répète que ça ne sert à rien de vouloir gagner du temps, 2019 est très loin. Maintenant que la lutte est au sein de l’armée elle-même, ce qu’avait déclaré le général Benhadid prend toute sa mesure. Benhadid est incarcéré injustement depuis des mois sans inculpation pour avoir averti le peuple algérien sur les dérives des mafieux comme Saïd qui est un véritable malade mental et qui le confirme chaque jour en tapant sur tout se qui est en travers de son chemin, par exemple en coupant les réseaux sociaux sous prétexte d’éviter la tricherie du baccalauréat. Personne n’est dupe, malgré la médiatisation de la ministre de la Poste et des Technologies, Houda-Imane Feraoun, qui n‘est qu’une parfaite exécutante des ordres de Saïd et dont l’ascension à un poste de ministre, avec tous les privilèges y afférents, n’a pas manqué de lui monter à la tête. À l’occasion de ce « black-out », les jeunes Algériens ont su déjouer le plan de Feraoun grâce au câble VPN. Les velléités de mise en quarantaine de l’Algérie, sorte de répétition générale pour un éventuel coup de force du clan présidentiel, ont donc été un véritable fiasco grâce à l’ingéniosité des jeunes Algériens auxquels ce pouvoir illégitime a ôté tous les rêves et qui n’ont plus que les réseaux sociaux comme exutoire. Une petite phrase publiée sur les pages Facebook de quelques jeunes et le palais tremble, le clan s’affole. Un clan qui a peur d’une émission satirique faite par quelques jeunes algériens. Un clan qui a peur des coups de clavier d’une jeunesse algérienne assoiffée de liberté et désireuse de vivre sa vie comme tous les jeunes de la planète. Un pouvoir dont l’un des représentants, Tliba, insulte les gens en les traitant d’handicapés et qui n’a sans doute jamais entendu parler de Stephen Hawking, et qui sert avec dévouement un président grabataire incapable de faire deux pas et de prononcer deux paroles. C’est vous les handicapés, messieurs Saïd Bouteflika, Tliba et consorts, et quand je dis handicapés, j’ajoute l’adjectif « mentaux », avec tout le respect dû aux différents malades qui n’ont pas choisi de l’être et qui ne dirigent pas un pays comme vous le faites, alors que vous êtes tous inaptes. On a même eu droit à un Ouyahia qui s’efforce d’impressionner le monde en s’exprimant en anglais. Ce personnage n’a pas compris qu’il est en retard d’un siècle minimum en matière des langues et des nouvelles technologies, lui qui n’arrive même pas à utiliser son compte twitter officiel et qui n’a pas de page facebook. Alors, à ce stade, ya Hmimid, tu peux t’exprimer en hébreux ou en turc, tout le monde s’en fiche, et tes efforts n’auront aucun effet à part sur toi-même, Lamine ton fils et les bagara de ton parti ou ton ramassis d’affairistes corrompus. Celui qui t’a conseillé de faire cette sortie in English is like you so bungler and offside, game over for you and your king.

Après avoir essayé vainement de promouvoir Chakib Khelil le prédateur comme successeur de Bouteflika, le clan a ajusté le coup en optant pour une autre solution qui s’appelle le général Hamel, l’actuel chef de la police algérienne, susceptible de garantir l’impunité au clan des Bouteflika. Avec la propulsion de Hamel comme chef d’État, Saïd et ses sbires feraient d’une pierre deux coups : ils restitueraient le pouvoir à l’armée représentée par un membre de leur clan et surtout assureraient leurs arrières en se mettant à l’abri des poursuites. Pour réaliser cet agenda, il faut donc créer des diversions multiples en alimentant les polémiques, en cognant sur la presse, etc. Tout est bon pour occuper les Algériens et détourner leur regard de la vacance du pouvoir qui est une réalité avérée, et concrétiser le scénario qu’ils ont concocté dans l’ombre de leurs villas héritées des colons français. Car les nouveaux colons de l’Algérie comptent passer en force et rafler la mise. Pour stopper ce processus et arrêter la folie de ce clan et sa dérive meurtrière dans un contexte économique, sécuritaire, social, extrêmement périlleux pour le pays, les forces vives de la nation, ou du moins ce qu’il en reste, doivent se mobiliser et se ternir prêtes à une éventuelle contre-attaque de la part des patriotes au sein de l’armée que nous ne cessons pas d’interpeller. Nous n’avons pas peur des mots quand le clan des mafieux, lui, craint les mots, la presse, les réseaux sociaux, et même les martyrs. Le ministre sinistre de l’Intérieur avoue lui-même qu’ils sont tous défaillants et que le gouvernement a échoué, qu’il n’y a pas de pétrole et pas d’argent alors que vous invitez des danseuses du ventre du Moyen Orient auxquelles vous donnez des milliards, que votre Constantine capitale de la « culture arabe » hachakoum ! s’est transformée en « Constantine capitale de la rapine et du pillage », et que les scandales se suivent à un rythme effréné dont le dernier en date est le scandale des palmiers d’Alger. Comment se fait-il que vous parlez de faillite et d’austérité alors que vous vous permettez d’acheter 5000 palmiers pour décorer Alger pour la somme de 90 milliards de centimes en gré à gré ? Vous avez facturé chaque palmier 18 millions de centimes alors que le prix est de 3.5 millions, ce qui fait que votre surfacturation a coûté 72 milliards de centimes au Trésor public. Bien sûr, personne ne démissionne : rassa khamja allah la trabhkoum ! (soyez maudits). Vous avouez votre échec et vous êtes toujours là, bande de crapules wlad el hram ! L’ANP doit stopper cette dérive coûte que coûte, et la loi que le clan a prévue pour priver les généraux et autres officiers à la retraite de faire de la politique n’est ni plus ni moins qu’une loi pour empêcher l’émergence d’un militaire patriote qui les mettra hors d’état de nuire et qui brisera les reins de ce clan qui est bien plus fragile que ce qu’il paraît. C’est dans ce contexte que le général Khaled Nezzar a exhorté le Parlement peuplé d’affairistes de la chkara de refuser de voter cette loi. Car le massacre auquel est livrée l’Algérie est sans précédent. Toutes les valeurs ont été souillées, tous les acquis ont été attaqués, et ce n’est pas l’agent du Makhzen, le misérable Hamid Grine, qui va nous convaincre du contraire. Lui et le régime fantoche qu’il sert avec le zèle d’un larbin servile ont utilisé le champ audiovisuel à des fins politiciennes, pour ensuite emprisonner des gens qui n’ont ni volé ni pillé comme l’ont fait Saïd Bouteflika et toute sa racaille : les Chakib Khelil, les Amar Saïdani, les Ali Haddad, et tous les autres que le peuple connaît très bien. Je rappelle que plus de 1000 milliards de dollars se sont volatilisés pendant le règne de Bouteflika, qu’il y a 100 milliards de dollars d’impôts qui ne sont pas payés et que des prêts dits économiques pour un montant de 75 milliards de dollars n’ont pas été remboursés. Payez vos impôts, bande de voleurs, et remboursez vos emprunts ! Non content de cette gabegie, les traîtres qui sont au pouvoir ont préparé un projet de loi pour un nouveau code de l’investissement qui exonérera tous les investisseurs étrangers des taxes et des impôts ! Un beau cadeau pour Fafa. Quant au kharay Ali Haddad, le voleur de sable qui a organisé une collecte avec son FCE et qui a récolté 1,5 milliards de dollars de souscriptions à l’Emprunt obligataire, de qui se moque-t-il ? Ce milliard provient du secteur public et certainement pas des affairistes qui ne cessent de sucer le sang de l’Algérie. Espèce d’âne, hmar, où sont les 1000 milliards dilapidés ? Paie tes impôts et rembourse tes prêts, au lieu de faire la manche auprès du secteur public ! Nous sommes fatigués d’exhiber vos scandales et vos malversations, les frasques de vos enfants, les détournements auxquels vous vous êtes tous livrés. La présidence a répondu à El Watan en affirmant que la fameuse villa en Suisse n’appartenait pas aux Bouteflika. Il n‘y a pas qu’une villa qui est la propriété de la famille Bouteflika. Celle-ci, ses prête-noms et leur sale engeance ont fait main-basse sur toute l’Algérie ! Et ce n’est pas la peine de faire un conseil des ministres restreint, car tout le monde sait que la présence de Bouteflika à ce conseil des ministres n’est rien d’autre qu’un photomontage. Arrête tes montages, Saïd Bouteflika, tout le monde sait que ton frère est incapable de se montrer. Arrête de persécuter les gens ! Tu tomberas. Les empereurs romains et les pharaons sont tombés. Tu n’auras jamais le pouvoir des rois d’antan et où sont-ils tous ? Dure sera ta chute, Saïd Bouteflika.

Saïd la folle et les truands qui t’entourent, nous vous sommons de libérer les prisonniers politiques que vous avez mis en prison ! Prisonnier politique, une appellation que l’ont croyait disparue, alors que nous voilà avec des gens en prison pour délit d’opinion après 17 ans de règne d’une momie ! Libérez le général Benhadid, libérez le général Hasan, le général Medjdoub, libérez les journalistes de KBC, Mehdi Benaïssa et Riad Hartouf, libérez Nora Nedjaï, directrice au ministère de la Culture ! Honte au ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, ce soi-disant écrivain et journaliste, qui n’a pas levé le petit doigt pour empêcher l’incarcération de sa directrice, fille de chahid et de moudjahida, sœur de deux combattants de l’ALN, et qui l’a au contraire licenciée tout aussitôt, alors que lui, sinistre ministre du parti d’Ouyahia, a détourné le siège du journal Echaâb à Sétif sans être puni. Pour ceux qui ont cru que Benghabrit est une moderniste, peuvent-ils me dire où est-elle quand on emprisonne des journalistes et une fonctionnaire de ministère ? Elle n’est qu’une ministre du 4e mandat de Bouteflika, venue par la fraude et qui a consacré la fraude. Il ne faut pas s’étonner si les jeunes candidats au baccalauréat trichent, leur exemple, ce sont les corrompus qui dirigent l’Algérie. Libérez ces gens, bande de cancres ! J’ai reçu un message de mon ami le Professeur Noam Chomsky, dont je livre ici une partie traduite en français: « Je voudrais me joindre à la condamnation de l’emprisonnement des journalistes algériens et des mesures répressives de l’État, en offrant le plus fort soutien pour les victimes de ces actions intolérables ». Je vous avertis que si vous ne libérez pas les prisonniers politiques, je vais lancer une campagne mondiale. Le Professeur Chomsky s’est prononcé, je peux contacter tout mon réseau mondial. Vous n’avez respecté aucune procédure, vous avez pondu une pseudo Constitution que vous violez, les institutions ne sont plus que des coquilles vides, et ce n’est pas un hasard si le Parlement s’est transformé en ring de boxe. Tel est le règne de Bouteflika, il n’y a rien de bon à attendre de ce régime, il faut le terrasser. Et cela doit se passer dans l’ordre, c’est pour cette raison que l’ANP doit peser de tout son poids pour bloquer le plan diabolique des mafieux autour du frère du président et installer en urgence un gouvernement de transition pour ensuite aller vers un État bâti sur des institutions solides, un État où la justice n’est pas aux ordres, un État ou le Parlement joue son rôle au lieu d’être une caisse de résonnance, un État où chacun est à sa place et où il n’y a pas d’usurpateurs.

Le seul débat sérieux sur la succession se passe au sein de l’armée et a eu lieu entre le général Khaled Nezzar et le général Ahmed Gaïd Salah. Le clan de Saïd Bouteflika acculé et sentant son heure proche a du exhiber le dossier de l’assassinat du président Mohamed Boudiaf pour faire passer un message de menace aux généraux de l’armée, message ciblant Nezzar et Toufik car les autres cités, à savoir le général Larbi Belkheir, le général Mohamed Lamari, chef d’état major, et le général Smaïn Lamari, chef du contre espionnage, sont décédés. À l’instar de son frère aîné qui a exercé un chantage en menaçant les généraux de les envoyer au TPI, Saïd Bouteflika, qui n’a aucun poids au sein de l’armée et qui n’est pas un politicien mais juste un conseiller intriguant dont l’acte de naissance a été signé par un décret non publiable, a utilisé Nacer Boudiaf pour attaquer les généraux. Sachant que toutes les options, que ce soit Khelil ou Hamel, seront refusées par, entre autres, Gaïd Salah, Saïd a sorti le dossier Boudiaf. L’utilisation de l’affaire Boudiaf est immorale de la part du fils de celui-ci, Nacer Boudiaf, qui a bénéficié de divers privilèges dont une société immobilière, un poste diplomatique pour lui-même et sa femme à Berlin et une cimenterie pour son frère. Étrangement, Nacer Boudiaf n’a rien dit à l’époque ou les deux Lamari et Belkheir étaient vivants, il n’a toujours rien dit pendant 24 ans, et accepte aujourd’hui d’utiliser son père comme fond de commerce. On constate que Saïd Bouteflika est pour Boudiaf fils «rab el makla» (le chikour). Nacer Boudiaf n’a donc aucune crédibilité et s’il était vraiment convaincu de ses propos, il attaquerait le général Toufik dans la justice de Saïd Bouteflika, car c’est Toufik la véritable cible dans cette affaire. Maintenant que Toufik est parti à la retraite, tout le monde est soudainement devenu courageux. C’est une tradition, quand le taureau tombe, on aiguise les couteaux. C’est juste une constatation, je ne défends personne, chacun étant capable de se défendre lui-même. C’est un constat que Saïd devrait méditer. Imagine, Saïd, quand tu tomberas… Mais ton agonie sera longue, comme celle de ton frère. De la même façon que Gaïd Salah n’attaquera pas Nezzar de front car ils appartiennent à la même famille, c’est-à-dire à l’armée, Nacer Boudiaf n’attaquera jamais en justice ni Nezzar, ni Toufik, alors que rien dans l’absolu ne l’en empêche. Personne ne fera rien car cette affaire est sortie au moment où le véritable débat de la succession d’Abdelaziz Bouteflika a commencé au sein de l’armée et il se résume à la question suivante : verra-t-on Gaïd Salah président ou non ? Le consensus au sein de l’armée est en train de se faire dans ces moments chauds de l’été et qui est mieux placé que Gaïd Salah pour connaître l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika ? En tout cas, le pétard mouillé du clan Bouteflika contre les véritables détenteurs du pouvoir, c’est-à-dire l’armée, a déjà fait pchiiiit et la succession se fera au sein de l’armée algérienne. Les jours et les heures de la famille Bouteflika au pouvoir sont comptés. Tic tac tic tac, les aiguilles de l’horloge avancent, et le temps qui fuit ne sera jamais dans l’intérêt du clan présidentiel dont le pouvoir s’effrite de jour en jour. L’affaire Boudiaf ne sera qu’un subterfuge de plus sans aucune incidence, car les clés de la maison sont entre les mains de ceux qui ont toujours dirigé l’Algérie : l’ANP. Saïd Bouteflika ne pourra même pas négocier l’impunité pour lui et les siens, non seulement concernant la villa en Suisse, mais pour tous les crimes économiques et politiques tels que l’incarcération des journalistes en tant que prisonniers politiques.

Au moment où tout le monde a les yeux rivés sur le clan de l’argent sale qui a cru peser sur la succession de Bouteflika et prendre tout le pouvoir, Gaïd Salah et Nezzar se situent à un stade très avancé du consensus qui donnera naissance au futur président de l’Algérie, et rien n’arrêtera cette mécanique bien huilée qui s’appelle l’État profond. Tel est l’enjeu du dialogue entre Gaïd Salah et Nezzar qui porte sur la mobilisation de l’État profond pour la succession après le Boutefexit, car celui qui détient l’État profond et qui en connaît les codes détient le véritable pouvoir, le reste n’est que du blabla dans les salles remplies des pets des prête-noms de Saïd Bouteflika qui a eu le tort de résumer la politique en un seul mot : le fric. Saïd ne sait pas qu’en jouant sur la tragédie des Algériens et en sortant le « qui tue qui » comme l’affaire Boudiaf et les moines de Tibhirine, il s’attaque à toute l’armée algérienne, et non pas seulement à ses chefs et à ses services de renseignement. Au lieu de donner des échantillons des crânes des moines aux Français, récupérez plutôt les têtes de nos résistants qui sont exposées dans un musée en France ! Les cimetières ne seront d’aucune utilité aux Bouteflika, il fallait avoir un véritable projet de société, ce qui n’est pas le cas, car un mégalomane impulsif doublé d’un sado-maso ne peut pas faire de la politique. Vous trimballez tous des casseroles, ce n’est pas la peine de régler vos comptes en nous sortant les cadavres des placards. La jeunesse algérienne ne veut pas et ne doit pas être polluée par vos règlements claniques et régionalistes qui puent l’appétit du gain et des privilèges dont vous vous êtes tous gavés. Nous en avons marre que vous nous rameniez à la guerre des clans rien que pour pouvoir continuer à bouffer à la mangeoire ! On vous connait très bien. Laissez les morts dormir dans les cimetières et sortez plutôt vos projets politiques ! Quand on reçoit des privilèges et des biens, on doit la boucler. Mais si vous persistez, on exposera à nouveau votre batterie de cuisine au grand air. Le problème, c’est que vous êtes tous tellement pourris, que cela risque de prendre du temps, car depuis l’indépendance de l’Algérie, tout le monde a bouffé au râtelier et profité du foncier agricole et industriel.

Le haut commandement militaire et les différents chefs de régions doivent agir et prendre leurs responsabilités pour éviter l’effondrement de l’Algérie, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Tout est défavorable en ce moment, le contexte géopolitique, la situation économique et l’entêtement de quelques aventuriers irresponsables qui vont nous amener droit dans le mur et un anéantissement total avec la disparition de l’État et de la nation algérienne. Ils préparent des choses pour ce 5 juillet. L’été sera très chaud et porteur de tous les dangers pour l’Algérie. Il n’y a que deux scénarios envisageables : soit une transition gérée par l’armée, soit c’est la rue qui va s’occuper de ce processus historique, car la faillite de ce régime est tellement monumentale qu’il n’est plus possible de distribuer des aspirines aux cancéreux en phase terminale. Il faut une thérapie de choc. Sans contrepouvoir réel, sans opposition forte, que reste-t-il à part l’institution militaire ? L’Algérie de demain se fera dès à présent, mais dans la sueur et les larmes, et ce qui attend le peuple algérien n’est pas réjouissant. Tous les indicateurs sont dans le rouge et il ne sert à rien de nous ramener des experts ou de présenter un nouveau plan économique. La parole des experts de ce gouvernement et la farce du nouveau modèle économique présenté par des clowns n’est que masturbation mentale, ni plus ni moins. L’heure est aux véritables mesures, il faut prendre le taureau par les cornes, et la seule institution capable de peser sur le processus à venir, c’est celle qui a toujours détenu le véritable pouvoir : l’armée, qui est appelée à nouveau à jouer un rôle face à cette horde sauvage qui nuit à l’Algérie. La parenthèse Bouteflika doit se refermer et c’est à l’armée de le faire. Une fois cette parenthèse refermée, l’Algérie devra être restituée à ses fils authentiques, aux patriotes qui sont dans tous les secteurs, et ce sont eux, cette génération de patriotes, qui vont enterrer le clanisme, le régionalisme, et autres méfaits d’un temps révolu. C’est ainsi que naîtra la nouvelle Algérie ou la deuxième République.

Mohsen Abdelmoumen

Published in Oximity, July 5, 2016: https://www.oximity.com/article/L-Alg%C3%A9rie-entre-vacance-du-pouvoi-1

In Palestine Solidarité: http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.050716.htm

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