Saïd Bouteflika, Layada du GIA et Haddad à la recherche des Pokémon à El Alia

Publié le par Mohsen Abdelmoumen

Saïd Bouteflika, Layada du GIA et Haddad à la recherche des Pokémon à El Alia

Nous avons assisté à une agression de plus de la part du clan Bouteflika lors des funérailles de Boualem Bessaih, avec des selfies et des photos-choc de bousboussades distribuées au cours d’un bal d’hypocrites hanté par une kyrielle de morts-vivants assoiffés de la chitta. Cette mascarade funèbre démontre de manière flagrante que le règne du clan mafieux de la famille Bouteflika repose sur son alliance avec l’argent sale et le terrorisme représenté par l’affairiste Layada, chef du GIA (Groupe Islamique Armé) de sinistre mémoire. Peurs et merveilles. La rencontre empreinte de cordialité immortalisée entre Ali Haddad el kharay et non moins voleur de sable et Abdelhak Layada l’émir assassin du GIA parle mieux qu’un long discours. La photo de Saïd Bouteflika avec le Frère musulman Bouguerra Soltani témoigne de ce même attrait porté aux islamistes par le clan de voleurs. Quelles photos évocatrices ! C’est la seule symbolique à tirer de cette comédie qui s’est déroulée au cimetière d’El Alia, comédie où excelle la famille Bouteflika. Pour le reste, on ne peut que constater que plus les potentialités et les recettes de l’Algérie fondent comme de la neige exposée au soleil de juillet, plus Saïd Bouteflika, anti-héros sans gloire d’un remake du Parrain transformé en nanar sans Marlon Brando ni Al Pacino, enfle comme une baudruche. Bref, les chasseurs de Pokémon n’ont rien trouvé à El Alia, excepté des tombes et des noms parmi lesquels ils ont sans doute réservé une place VIP. Les « Malgaches » étaient invisibles, laissant la vedette à quelques Pokémon et leur chef Saïd que le roi Pokémon de Zéralda avait envoyé aux funérailles d’une Algérie agonisante. Car, en effet, comment mieux symboliser l’état dans lequel se trouve le pays sinon par un amoncellement de tombes ? Quand la politique est morte, que les institutions sont comateuses, que l’on ne sait pas si le Président lui-même est encore vivant, et s’il l’est, dans quel état, le cimetière est devenu le lieu où se réunissent tous les vampires qui ont vidé de son sang la République algérienne démocratique et populaire. El Alia est à la fois le Palais des Congrès, le Parlement, le Sénat, etc. On s’y montre, on s’y réunit, on y manœuvre, on y fait des alliances… La mort est centrale dans cette fin de règne d’Abdelaziz Bouteflika qui n’en finit pas. Qu’y a-t-il de plus morbide que d’écrire sur l’Algérie d’aujourd’hui ? Comment écrire sur la mort, alors que l’acte d’écriture s’inscrit dans la vie ? Participer à cette danse macabre est une compromission. J’écris à contrecœur en voyant mon pays dans cet état, je n’écris pas pour meubler, mais pour contester cet état moribond. Je refuse la mort de ma patrie, symbolisée par ce conglomérat de croque-morts réunis en congrès. Pour les futures mascarades électorales, en plus de faire voter les morts, ils vont finir par mettre les bulletins de vote dans des tombes.

2016 est l’année de la maladie, de la vieillesse et des cimetières, l’année du pacte des loups qui s’entendent pour déchirer ce qu’il reste de l’Algérie. Les assassins s’affichent sans honte, les crocs en avant : Saïd et ses sbires, Ali Haddad l’assassin économique, Layada l’assassin du peuple aux mains trempées dans le sang des Algériens, et tant d’autres encore. L’Algérie est un mouroir. Tant de luttes, tant de martyrs, tant d’années de combat… Tout ça pour ça ? La jeunesse algérienne, sans espoir, préfère risquer la noyade pour quitter ce pays où l’avenir appartient aux vieillards et aux meurtriers. Comme nous sommes loin de l’Algérie de la Révolution et de la Mecque des Révolutionnaires ! 2016 est aussi l’année Chakib Khelil que tous les tribunaux de la planète cherchent à coincer comme un Pokémon, celui des Panama Papers. Il se planque avec son petit carnet grâce auquel il exerce un chantage auprès des membres du clan Bouteflika en leur promettant que s’il tombe, il les entraînera dans sa chute. Khelil, l’agent américain, ne comprendra jamais qu’il doit, lui aussi, réserver sa place à El Alia, et que les Pokémons, ce n’est pas ce qui manque en Algérie. Alors, bonne chasse, les Pokémon. Pour nous, vous restez un dessin (ré)animé.

Mohsen Abdelmoumen

Published in Oximity, August 1, 2016: https://www.oximity.com/article/Sa%C3%AFd-Bouteflika-Layada-du-GIA-et-1

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