Un 1er Novembre devant le Centre culturel français à Alger

Publié le par Mohsen Abdelmoumen

Un 1er Novembre devant le Centre culturel français à Alger

Au moment où les patriotes algériens s’apprêtent à célébrer la victoire des braves sur l’hydre colonialiste, nous sommes sous le choc devant des photos montrant des milliers de jeunes étudiants agglutinés devant le CCF, en quête d’un visa pour étudier en France. La foule est tellement dense devant l’institut français que certains font des malaises et s’évanouissent, et plusieurs ont passé la nuit sur place pour être sûrs d’être reçus. Y a-t-il un symbole plus cruel que cette longue file de jeunes diplômés algériens faisant la queue devant le centre culturel français la veille d’un 1er Novembre ? Ces images viennent s’ajouter à celles de ces familles naufragées tremblotant dans  une couverture sur les côtes de Sardaigne. Une image vaut mille discours et celles que nous découvrons nous broient le cœur : l’Algérien errant fuit sa patrie pour laquelle sont morts des millions de braves. L’échec est total. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment un pays de lumière, de soleil et de parfums, à l’histoire millénaire et dont le peuple a enfanté tant de valeureux qui, à travers les générations, se sont sacrifiés pour leur patrie, est-il devenu ce lieu maudit que tout le monde fuit ? Notre jeunesse, notre seule vraie richesse et notre avenir, quitte sa terre natale et tente le tout pour le tout pour trouver refuge chez l’ancien colonisateur. Ces images doivent faire danser de joie, vivants ou morts, tous les anciens assassins de l‘OAS, les maréchaux de France et les parachutistes français. De l’Algérie des Révolutionnaires et de la Révolution et de cette poignée de jeunes hommes qui ont chassé le colonialisme, nous voyons en 2017 les images d’une jeunesse qui fait tout pour rejoindre la France. Grandeur et décadence…

Alors que l’Algérie fait face à une situation catastrophique sur tous les plans, certains oiseaux de malheur osent faire diversion et gesticuler à longueur de journée afin de noyer le poisson alors qu’ils sont ceux qui ont ramené le pays dans cette faillite. Ils s’offusquent en glapissant « au complot », prétendant que ces images sont instrumentalisées pour nuire à l’image de l’Algérie. Bande de traitres ! Cessez de nous prendre pour des imbéciles et contemplez votre propre échec. Regardez ces milliers de jeunes qui fuient le pays alors que vous osez squatter la patrie en remplissant notre quotidien par un tintamarre de concerts de pets ! Vous représentez le malheur de ce pays, vous les vieillards, les fossiles, les antédiluviens qui vous accrochez à vos privilèges depuis des décennies et qui condamnez ce pays à votre propre déchéance et à vos visions étriquées de vioques cataractiques. Sous votre règne poussiéreux et puant l’aigre, les jeunes n’ont pas leur place, et ils l’ont bien compris. D’ailleurs, vos propres rejetons eux-mêmes se sont installés à l’étranger dans des biens que vous avez acquis avec l’argent du peuple algérien. Ma jeunesse a été sacrifiée et aujourd’hui je vois une autre jeunesse abandonnée, dépouillée de son avenir par les magouilles de politicards et d’énergumènes qui ne pensent qu’à se remplir la panse et qui ont souillé le passé, volé le présent, et confisqué le futur de notre pauvre Algérie. L’histoire nous a montré que les cités que l’on fuit sont destinées à disparaître et celles qui deviennent des pôles d’attraction prospèrent. Ici, c’est tout un pays qui s’épuise au fur et à mesure que sa jeunesse, sa sève vivifiante, s’écoule vers d’autres contrées. J’ai mal à mon algérianité. Mes propos sont ceux d’un vrai patriote, et je me fous des fausses polémiques et des combats de coqs de salonards et d’habitants de Club des Pins. Ce qui m’intéresse, c’est de voir mon pays rayonnant. Et je ne l’ai pas vu rayonner. Et dire que nos martyrs ont donné leur vie pour que l’on assiste à ça !

En tant que patriotes, nous fêterons le 1er Novembre et l’Indépendance quasiment dans la clandestinité car l’engeance de l’ancien colonisateur ne se reconnaît pas dans les hauts faits de notre histoire. Oser se réclamer de Novembre et de la Révolution est devenu aujourd’hui un blasphème. L’étendard de la trahison est porté par des légions entières alors que nous, les patriotes, voyons notre nombre se réduire au fil des années. Nos martyrs se retournent certainement dans leur  tombe en voyant la grande et indomptable Algérie pour laquelle ils ont combattu et qu’ils nous ont léguée, malmenée, brutalisée, meurtrie, devenue l’ombre d’elle-même à cause d’une poignée de cloportes opportunistes et d’eunuques colonisables. Cette race maudite dont on ignore d’où elle est sortie n’a produit que des fléaux ravageurs allant du terrorisme islamiste à l’immigration massive de nos compatriotes, en passant par tous les scandales possibles et imaginables. Tout ce qui est pourri, ces gueux le représentent. Je ne pensais pas m’exprimer mais vous m’avez encore une fois poussé à parler malgré moi et je n’ai pas pu me taire devant ces images insupportables. Seul celui qui n’a pas de cœur et qui n’a aucun honneur reste indifférent face à ces images d’une jeunesse qui fuit son pays, symbolisant le suicide d’une nation qui perd ses propres enfants. Les autres sujets que vous trouvez choquants ne m’intéressent pas, ce ne sont que des leurres et des mensonges, mais celui-ci m’a profondément troublé. Qu’est-ce que vous nous gavez avec vos histoires et vos diversions sempiternelles ! Vous ne savez plus quoi inventer pour nous distraire des vrais problèmes, tels que la disparition programmée de notre pays qui est menacé dans son existence même. Les prémices se font voir chaque jours dans ces départs sans retour vers un ailleurs prometteur. La preuve, notre jeunesse vous fuit comme la peste. Au prix de leur sang, nos martyrs nous ont légué un pays, une patrie, une nationalité, et le résultat de la félonie a amené des jeunes à revendiquer en masse des visas pour la France en attendant de demander la nationalité française. Vous, les dirigeants actuels, vous êtes les continuateurs de l’œuvre macabre du colonialisme. Je  vous en veux rien que pour ça. Cette fois, je ne parlerai pas de vos pillages, je vous reproche d’avoir envoyé dans les bras de la France des milliers d’Algériens, je vous reproche le crime majeur d’avoir ôté la notion de patriotisme à ces jeunes. C’est un autre crime impardonnable à votre actif.

Si je lance ce cri, c’est que j’aurais aimé un jour dans ma vie fêter notre Révolution et notre Résistance, celle de mes ancêtres, dans un pays épanoui, en racontant l’épopée de notre peuple à notre jeunesse qui aurait pu construire ses fondements dans les traces de nos aînés. Notre sève algérienne provient de la résistance et de la lutte de notre peuple et cette destinée glorieuse aurait pu être transmise aux générations qui viennent. Au lieu de cela, nous avons connu des cycles stériles et des générations entières sacrifiées, sans avenir et sans repères, qui errent à travers le temps et l’espace en cherchant un port d’attache, tel un navire sans gouvernail. Je pleure nos martyrs bafoués, trahis. Mon peuple a vaincu l’OTAN et a chassé le colonialisme français et aujourd’hui, ce même colonialisme prend sa revanche sur nos victoires et les leçons de nos aînés en nous exhibant le scalp de notre jeunesse qui court derrière un visa français et, pourquoi pas, derrière une nationalité française. Le prix de l’indépendance était le sang, le prix de la débâcle est une jeunesse perdue qui se jette entre les bras de l’ancienne puissance coloniale. Et ce n’est pas un hasard si le CCF a fait en sorte que cela se passe la veille d’un 1er Novembre. Nous connaissons si bien les magouilles de la France. Malheureusement le pouvoir algérien gangrené et pourri n’est pas en mesure de défendre l’intérêt de notre pays, comme tout pays digne de ce nom le ferait. Les dirigeants algériens n’en ont rien à foutre. Je suis sûr et certain que si ces images ont fait mal aux patriotes, les traîtres qui sont dans toutes les sphères du pouvoir et en dehors, ne sont ni choqués ni outrés par ces images et qu’ils les trouvent normales. La preuve, cette seule phrase prononcée à ce propos : atlouboo el ‘ilm walaw kana fi ssin. Pouah ! Le félon ! Je ne salirai pas la commémoration du 1er Novembre en citant ces noms pourris. Chacun saura de qui je parle. Tout Algérien sait que la France est la mère patrie de ces corrompus. Et pourtant, le savoir se trouve partout dans le monde, mais ils préfèrent voir les jeunes se jeter entre les bras de la France que de les voir partir vers d’autres pays. Donc, il s’agit de l’ultime revanche du colonialisme sur notre patriotisme. Nous assistons à un nouveau massacre, dans la foulée des massacres de jadis, sachant que plus d’un million d’Algériens ont quitté le pays ces deux dernières décennies alors que l’Algérie est exportatrice de gaz. La richesse de ce pays aurait pu en faire un paradis sur terre. L’Algérie forme des étudiants et la France profite de nos malheurs pour rafler la mise : des milliers de médecins algériens font tourner le système hospitalier français, des milliers de cadres de valeur sont dans les meilleurs centres de recherche à travers le monde. Toute la planète a profité de notre tragédie et de ses conséquences et effets secondaires. Ces dirigeants qui vivent hors temps et qui sont la cause de notre malheur par leurs mauvaise gestion et leur incompétence doublée de leur félonie grilleront en enfer.

Pour le reste, le blabla déversé par différentes figures funestes que je ne veux même pas citer véhiculées par des télés poubelles et les polémiques stériles entre les différentes factions du régime ne sont que diversions et remplissage du vide et du bide. J’ai écrit ce texte de manière spontanée, certainement pas pour blablater. C’est un cri de l’au-delà qui m’a fait sortir ces mots de mes tripes et de mon cœur meurtri de voir mon pays s’enfoncer dans l’abîme. C’est ce que nous ont ramené ces dirigeants grabataires qui veulent s’éterniser au pouvoir et qui refusent même les lois de la nature en voulant un 5e mandat, voire un 6e, un 7e. J’ai écrit pour nos martyrs et leur serment scellé par le sang, et pour honorer la mémoire de ceux qui ne sont plus là. Bien évidemment, même si nous sommes tristes pour notre pays en voyant qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même, personne ne pourra jamais nous prendre notre dévouement à la patrie et nous fêterons le 1er Novembre. Je brandirai le drapeau pour lequel sont morts les braves et je mettrai l’hymne national en dépit et contre tous les traîtres, en crachant sur leur lâcheté et leur trahison, et je penserai avec émotion et respect à cette poignée d’hommes qui, un certain 1er Novembre 1954, se sont levés face à l’oppression coloniale et ont donné une leçon à toute l’humanité en brisant les reins du colonialisme et en mettant fin aux ténèbres de la nuit coloniale. Je me ressourcerai dans le sourire de Ben M’hidi et je me remémorerai les histoires de bravoure que les miens m’ont racontées, celles de mon grand-père, celle de ma famille qui a donné son sang pour faire naître un pays et une nation. Dans la douleur et la tristesse, notre algérianité résistera à tous les traîtres qui ont vendu notre patrie au plus offrant. Nous partirons tous un jour où l‘autre, mais l’Algérie restera fière et rebelle malgré les renégats et les vieux schnocks qui s’agrippent au pouvoir. Combien de tempêtes et de bouleversements ce pays meurtri par une succession de tragédies a-t-il traversés! Malgré le révisionnisme et la trahison qui envahissent l’espace et le temps algérien, je souhaite une bonne fête aux patriotes. Pour les traîtres, allez au diable. Je me revendique de Novembre, je suis un héritier des enfants de Novembre. A bas la trahison et les traîtres ! Vive la révolution algérienne, gloire à nos martyrs ! L’Algérie vous survivra à tous !

Mohsen Abdelmoumen

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